LES ÉTUDES ENTRE PARENTHÈSES ― 5 MOIS APRÈS


Au début du mois de décembre, je vous dévoilais dans un long article comment et pourquoi j’avais mis un terme à mon début d’année de master et ainsi pris une sorte d’année sabbatique. J’avais vraiment tenu à partager avec vous ce début d’expérience, les raisons de cette décision mais surtout mon état d’esprit par rapport à ce grand renouveau dans ma vie. Jusqu’à maintenant j’avais pas vraiment pensé donner suite à cet article, mais face aux retours que j’ai eus (c’était hyper cool d’en avoir autant et d’ainsi constater que de nombreuses personnes se trouvaient dans une impasse) je me suis dit que vous faire suivre l’évolution des choses serait intéressant pour tout le monde ; d’abord pour ceux qui se trouvent plus ou moins dans la même situation, mais aussi pour me « forcer » à faire une sorte de petit bilan, tous les deux mois et quelque.

Je viens de dresser un rapide petit bilan des trois mois qui se sont écoulés depuis cet article, d’une manière assez binaire, en mettant d’un côté les points positifs, et d’un autre les point négatifs. On va les voir ensemble, et je vais ensuite tenter d’en tirer une conclusion plus générale.

LES + 
- Je suis capable : de manière générale, je suis capable de subvenir à quasiment tous mes besoins, d’être indépendante, d’être professionnelle, de progresser dans de nombreux domaines, d’apprendre des choses. C’était essentiel pour moi dans cette année particulière, et il m’arrive de me sentir fière de ce que je fais.
- Je sais ce qui ne me plait pas, ce que je ne veux pas faire : pour l’instant, en tous cas. Via mes activités, mon style de vie, mon travail, je commence à comprendre non pas ce que je veux faire, mais surtout ce que je ne veux pas faire. C’est un très bon début selon moi.
-  J’ai trouvé un certain équilibre dans ma vie : c’était vraiment pas gagné, et ces 4 derniers mois j’ai pas mal galéré à trouver cet équilibre, mais il me semble qu’il commence à se dessiner, et ça me rend plus sereine, plus en paix avec moi-même.
Je fais du sport, sérieusement : je suis loin d’avoir un corps de postbad mais je vois ma silhouette se modifier, se tonifier, s’amincir, et même si c’est pas encore parfait, je gagne des points en termes de fierté et d’acceptation de moi-même.
- Ambition : alors qu’il y a de ça deux mois, tout était très flou, je sens que mes envies pour l’avenir commencent à se dessiner, lentement. Rien de très précis encore, mais c’est un début prometteur qui me motive.
- J’ai adopté un petit lapin : vous n’avez pas pu le rater, j’ai adopté une petite lapine que j’ai appelée Scarlett, et même si c’était une grande source d’inquiétude au début, je la chéris et l’aime de tout mon cœur.
- Je prévois des voyages : une grande source de motivation pour moi, toujours. Qu’ils soient plus ou moins loin, j’aime l’excitation d’un départ et l’occasion de voir autre chose.
- Je suis plus heureuse qu’il y a 2 mois : clairement.
Je vais souvent au cinéma : c’était une envie personnelle, un petit objectif que je m’étais fixée, et que ce soit au ciné ou chez moi, je vois beaucoup plus de films et ça me remplit de bonheur.
Je prends le temps : c’est bête mais le fait d’avoir du temps me permet d'en prendre pour faire certaines choses. Exemple parfait : le rangement. J’ai beau être perfectionniste, j’ai paradoxalement un côté assez bordélique. Avant je voyais le rangement comme une immense perte de temps, et il fallait presque me menacer pour que je m’y mette. Aujourd’hui je prends parfois une heure ou deux, de mon plein gré, pour ranger mon espace de vie, et c’est un gain moral assez indiscutable (je reste très attachée à l’adage qui dit qu'un espace rangé c'est un cerveau rangé).
- J’en apprends sur qui je suis : changer de style de vie, c’est forcément aller vers des choses qu’on connaissait peut-être pas, c’est modifier certaines de ses habitudes, et tous ces changements me permettent de découvrir des choses que je ne savais pas sur ma personnalité.
- Pas une seule seconde je n’ai regretté ma décision : je pense que c’est sûrement le plus important. Malgré l’incompréhension de certains, voilà une chose dont j’ai toujours été certaine.


LES -
 J’ai du mal à me forcer à faire les choses : je manque de motivation pour faire certains trucs que je me fixe. J'ai encore un bon problème de procrastination, et c'est honnêtement quelque chose que j'ai envie de régler de manière assez sérieuse (quand je dis sérieuse c'est du genre à m'enfermer dans une pièce avec un cahier et un stylo et à m'auto-psychanalyser sur pourquoi j'ai ce problème et comment le régler).
- Je n'ai pas encore adopté le rythme le plus productif : je me couche tard et me lève tard (on a tous une définition différente de tard mais me concernant c'est trop tard pour moi) ce qui m’empêche de profiter de mes journées au maximum. La paresse m’attire encore un peu trop, j'enchaîne des périodes productives et d'autres totalement vides.
- Je n’atteins pas tous mes objectifs : ça a tendance à me rendre assez en colère et assez déçue de moi-même, pourtant je suis la seule de qui ça dépend, alors je passe parfois des journées à me plaindre de ne pas m'y mettre, tout en ne m'y mettant pas.
- Je n'ai pas développé mon contenu : que ce soit ici ou sur ma chaîne YouTube, j'avais envie de profiter du temps que j'ai pour produire plus de choses, pour me régulariser, me lancer dans de nouvelles idées, mais encore une fois c'est un processus que je rends très lent. Alors que sur YouTube j'ai encore ce petit problème de "je n'ose pas" (j'ai 2 vidéos prêtes qui sont hors-lignes depuis 3 mois), ici il s'agit encore une fois d'un problème de paresse.
- J’ai encore du mal à terminer ce que je commence : à aller au bout. J'ai voulu me mettre à tellement de choses que j'ai l'impression d'avoir tout commencé à la fois, mais d'en avoir lâché certaines petit à petit. J’avais commencé à étudier un peu le graphisme mais j'ai arrêté, de même que la toile que j'avais achetée, et sur laquelle je n'ai pas mis un seul coup de pinceau.
- Des angoisses nouvelles : naturellement, les vieilles angoisses sont parties mais ont laissé place à des nouvelles, parce que le temps passe vite et que j’ai toujours indéniablement peur de manquer de temps, d’opportunités, de capacité ou de volonté. 


En relisant chaque point, que ce soit les positifs ou les négatifs, je m'aperçois rien que par le nombre que cette année m'apporte plus de bien que de mal. Et le côté positif dans le négatif, c'est qu'il dépend surtout de moi et d'un travail à faire sur moi-même. Le problème c'est que le temps passe et que je dois vraiment me prendre en main pour optimiser cette année et en sortir aussi complète et aussi fière que possible.

De manière générale, les sentiments de renouveau, d'équilibre et de fierté, sont contrebalancés par de la procrastination, de la paresse et de l'impatience. Comme je l'ai dit, ces trois derniers points dépendent grandement de moi : d'un coté c'est rassurant, d'un autre c'est énervant, et je peux pas m'empêcher de penser à toutes les choses que j'aurais pu faire en me donnant plus de claques. Le fait de m'en rendre compte est un premier pas, mais disons que ce second bilan doit être le début d'un travail sur moi-même, sur ma gestion du temps et son gaspillage. Mathilde, tu l'as dit toi-même. T'es capable. 

Outre tout ça, je découvre que je ne suis pas toujours celle que je croyais être. Vous savez, ces petites choses que l'on pense être, parce que "ça a toujours été comme ça". Et surtout je m'aperçois peu à peu que l'on n'est pas voué à rester la même personne. Parfois je me découvre des traits de caractère que j'avais encore jamais exploré, parfois je découvre que j'ai tout simplement changé, grandi, évolué. Pas toujours dans un sens positif, mais j'aime l'idée d'évolution, et le fait que l'on n'est pas voué à une certaine fixité, que ce que l'on est hier peut être très différent de ce que l'on sera demain. Il y a certains traits qui restent, et d'autres qui varient, façonnés par les choses qui arrivent. Je m'étais jamais vraiment posée la question de qui j'étais devenue, j'étais un peu restée sur une idée que j'avais de moi-même, à un moment donné, et je ne m'en étais jamais vraiment défaite, parce que je n'y réfléchissais plus. C'est une énième chose que cette année me permet, et je suis contente de continuer de me découvrir en restant honnête, en acceptant tout ce qui vient, mes défauts comme mes qualités.

Bref, encore un article bien trop long, mais comme le précédent, j'avais vraiment envie de prendre le temps (puisque j'en ai maintenant !), de mettre les mots sur tout ça. Je sais pas si y a un enseignement à tirer pour vous, encore une fois je n'essaie pas de convaincre qui que ce soit de mettre un terme à ses études (je vous renvoie à la fin du premier article dans lequel je développe ça), j'essaie juste de faire passer un message important, et ce de plus en plus, parce que je vis au milieu de trop de gens qui ne sont pas heureux de leur situation, ou qui ne l'ont pas été à un moment : le plus important, quoi que vous fassiez dans la vie en fait, c'est de ne pas perdre de vue qui vous êtes, qui vous voulez être, et ce qui vous rend heureux, ou malheureux. Ça commence par quelque chose d'aussi simple que ça. Le reste c'est pas toujours évident, mais une fois qu'on est clair sur ça, franchement ça en vaut la peine. Rendez-vous dans trois mois ?

lillysteria

2 commentaires

  1. Hello !

    J'ai tout lu et c'est très intéressant de voir comment tu te débrouilles dans ta nouvelle vie :)
    Je ne suis pas du tout dans ta situation mais à certains passages de ton article j'avais l'impression de me reconnaître comme la partie sur la procrastination par exemple. Parce oui c'est un mal qui touche bien trop de gens; moi la première et qu'on a tous tenté d'y mettre un terme car les procrastinateurs sont souvent les premiers à dire qu'ils n'ont pas le temps (ce qui est contradictoire mais c'est bien là tout l'enfer de la procrastination !).
    Du coup, je ne peux m'empêcher de te communiquer mes astuces pour pallier à ça (de manière temporaire ceci dit car c'est assez épuisant) mais cela pourra t'être peut être utile si il y a certaines choses que tu tiens vraiment à faire et que tu reposes vers un mystérieux futur ! ("par la route Toute à l'heure, on arrive à la maison Jamais) ;)
    A titre personnel, pendant longtemps je m'en voulais moi même parce que sur le coup la procrastination n'est pas désagréable mais quand à la fin de la journée tu ne vois que tu n'as rien fait de productif, tu as tendance à te coucher plus tard pour faire quelque chose et ne pas t'endormir avec le sentiment de la journée gâchée.
    Je me suis rendue compte que je procrastinais au max quand je n'avais pas de deadline pour faire quelque chose (toujours d'actualité). Donc ce que je fais c'est que je catégorise par order d'importance et d'urgence et que je me fixe des deadlines non pas quand la tâche est finie (sinon c'est déprimant si c'est un super gros truc à faire par exemple) mais plus par étape. Exemple tu veux faire du rangement dans une pièce qui a toujours été en désordre mais tu repousses. Si jamais tu te dis "dans 1 semaine c'est fait" du risque d'en avoir vite marre. Du coup tu peux te fixer de ranger tant de choses dans cette pièce dans la journée et de revenir faire une autre partie la semaine d'après. Parce que ce qui provoque le plus la procrastination selon moi c'est la lassitude. Si tu fais la même chose pendant 3 jours que tu détestes, tu vas être dégouté et ne plus avancer. Variez les tâches c'est important et lister aussi de manière clair. Faire un planning tenable avec un peu de tout dans une journée à afficher dans sa chambre c'est pas mal aussi. Et enfin, l'ennemi numero 1 de la procrastination est pour moi l'enfermement. Je me suis rendue compte que je procrastinais au max quand je restais enfermé, sans voir personne ou presque parce que c'était selon moi le moyen de me mettre à travailler. Oui mais non, ça fonctionne pas comme ça. Comme tu l'as si bien dit, il faut écouter nos envies. Si on a pas envie de faire quelque chose, on va se forcer pour le faire au mieux dans la douleur, au pire super mal. Ne culpabilises jamais de sortir faire autre chose, c'est comme ça que ton esprit se repose et fera le point sur toutes les choses qu'il te reste à faire.

    Je suis pressée de voir le prochain article bilan sur cette année :)

    Bon courage et excellente fin de journée !

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  2. Très chouette ce petit bilan, on te sent vraiment beaucoup plus épanouie et sereine, que ce soit ici ou bien sur les RS.
    Je me retrouve d'ailleurs beaucoup dans ton bilan, notamment dans les points négatifs : je suis un peu en année stand by aussi et j'ai de grosse période de procrastination, et comme toi, ça m'énerve de perdre du temps bêtement.
    En tout cas merci pour tes mots toujours très inspirants et bienveillants, que ce soit à ton égard comme dans le cas présent ou de manière plus générale.
    Bisous <3

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